Nous recevons aujourd’hui Lucia Sillig, journaliste et autrice de Game Ovaire, un essai graphique de vulgarisation scientifique sur le corps féminin notamment.
À travers son ouvrage, Lucia Sillig mène à la fois un travail d’enquête et de pédagogie, en rendant accessibles des savoirs scientifiques, historiques et culturels souvent invisibilisés.
Son interview est à écouter en podcast sur Qui a peur du féminisme (Spotify) !
Margaret Atwood était à Paris le 18 novembre 2025 pour lancer son dernier ouvrage, Le livre des vies (et fêter son anniversaire !). Du haut de ses 86 ans, l’écrivaine mondialement reconnue a présenté ses mémoires. Elle y retrace son parcours d’autrice, le succès de la Servante écarlate, livre ses souvenirs de famille et partage ses inquiétudes sur l’avenir de nos civilisations.
Une rencontre placée sous la signe de la sororité, de l’espoir et de l’humour !
Le retour sur la soirée est à écouter dans Qui a peur du féminisme !
Pour aller plus loin
Margaret Atwood, Le livres des vies, Robert Laffont, 2025
Margaret Atwood, La servante écarlate, Robert Laffont, 1987
La série The Deal traite du pré-accord entre l’Iran et les pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU en 2015 en Suisse.
Dans cette série, une diplomate nommée cheffe de la délégation suisse voit son rôle menacé par l’arrivée de celui qu’elle a aimé en Iran et qui est désigné comme l’ingénieur nucléaire de référence par le régime iranien. Sauf qu’elle sait qu’il est un opposant au régime… Et qu’elle ignore pourquoi il a coupé les ponts avec elle du jour au lendemain.
Entre thriller et série d’espionnage, The Deal tisse une trame sentimentale sur un fond géopolitique. La situation internationale est évoquée plutôt que reconstituée car les variations par rapport à la situation réelle sont nombreuses, et les personnages sont fictifs.
La construction des personnages féminins est exemplaire, comme l’écriture et la réalisation. A voir jusqu’en avril sur Arte !
Sophie Bénard est journaliste et autrice. Critique au Monde des livres, elle a suivi des études de philosophie et a signé un roman, Faire corps, paru aux Equateurs en 2024.
Nous l’invitons aujourd’hui pour son essai paru aux éditions Pérégrines dans la collection « Genre »! », Splendeurs et misères des groupies.
Qui sont ces (jeunes) femmes hurlantes qui se damneraient pour toucher leur idole ? Sont-elles vraiment celles que l’on croit ? La groupie s’accorde-t-elle au masculin ? Autant de pistes de réflexion et de recul critiques que propose Sophie Bénard dans son essai, qui conjugue Ed Sheeran et Platon.
Une interview à écouter sur Spotify !
Pour aller plus loin
Sophie Bénard, Faire corps, Paris, Les équateurs, 2024
Sophie Bénard, Splendeur et misères des groupies, Paris, Pérégrines, 2025
Bernard Cabanier est romancier ; il a fait paraître une trilogie aux éditions Ovadia, Passeurs de l’être, le Labyrinthe de l’être et des Lettres à l’être.
Nous rencontrons cet auteur dont la vocation précoce a été nourrie par son expérience d’enseignement milieu carcéral, et à qui la lecture de Frederico Garcia Lorca a appris la voie de la transgression.
Il nous parle notamment de La maison de Bernarda Alba, pièce de théâtre de Garcia Lorca dont les personnages sont exclusivement féminins.
Nous recevons aujourd’hui Aurore Evain, comédienne, metteuse en scène, autrice et chercheuse. Aurore Evain est directrice artistique de la compagnie théâtrale La Subversive ; membre de la SIEFAR (la société internationale des écrits de femmes de l’Ancien Régime), elle est spécialiste du matrimoine théâtral et a mis en scène plusieurs pièces écrites par des femmes comme Le Favori de Mme de Villedieu, La Folle enchère de Mme Ulrich ou encore Laodamie de Catherine Bernard.
Aurore Evain a dernièrement fait paraître Mary Sidney alias Shakespeare : L’oeuvre de Shakespeare a-t-elle été écrite par une femme ? Cet essai, qui se présente comme une véritable enquête, est paru aux éditions Talents Hauts en 2024.
Pour aller plus loin
Aurore Evain, L’Apparition des actrices professionnelles en Europe, Paris, L’Harmattan, 2001
– avec Perry Gethner et Henriette Goldwyn (dir.), Théâtre de femmes de l’Ancien Régime, Paris, Garnier Classiques, 2007, 5 vol
– (dir.), Dictionnaire des femmes de l’ancienne France (en ligne), « Arts du spectacle »
-, Mary Sidney alias Shakespeare : L’oeuvre de Shakespeare a-t-elle été écrite par une femme ?, Vincennes, Talents Hauts, “Alias”, 2024
-, En compagnie. Histoire d’autrice de l’époque latine à nos jours, suivie de Presqu’illes par Sarah Pèpe, éditions X, 2019
Nous recevons aujourd’hui deux personnes que vous avez déjà entendues dans notre podcast, et c’est avec un grand plaisir que nous les recevons aujourd’hui en tant qu’autrices.
Notre première invitée est Dominique Ancelet-Netter, qui, je vous le rappelle, a occupé la fonction de Maître de conférences en littérature à la faculté des lettres de l’Institut Catholique de Paris. Dominique est spécialiste du Moyen Âge mais aussi de Paul Bourget et elle vient de publier un roman aux éditions Spinelle, Les Plaques du souvenir.
Dominique Ancelet-Netter et Les Plaques du souvenir
Notre deuxième invitée est Sandrine Weil, professeure de Lettres Modernes et cinéma, qui anime une émission sur la radio associative Radio Prévert et qui enseigne habituellement au lycée polyvalent Estournelles de Constant de La Flèche et à la Nouvelle Chance au Mans, un lycée qui lutte contre le décrochage scolaire. Sandrine a fait paraître ces dernières semaines un récit intitulé Il ne faudra plus raconter des histoires : Le livre de Jean, 1942-1945, un enfant dans les camps, aux éditions l’Harmattan dans la collection “Graveurs de mémoire”.
Sandrine Weil et la photo de couverture d’Il ne faudra plus raconter des histoires
Leurs ouvrages présentent plusieurs points communs, notamment celui de traiter de la mémoire de la déportation, de la transmission du souvenir et de la conjuration du silence, par le biais de l’histoire familiale et de l’intime.
A écouter sur Qui a peur du féminisme ?
Pour aller plus loin
Dominique Ancelet-Netter, Les Plaques du souvenir, Spinelle, 2025
Sandrine Weil, Il ne faudra plus raconter des histoires : Le livre de Jean, 1942-1945, un enfant dans les camps, l’Harmattan, “Graveurs de mémoire”, 2025
Nous recevons aujourd’hui Lorena Medina, danseuse de tango, professeure de danse et directrice de l’école Piropo Tango. Lorena vit et enseigne en Argentine, et elle nous répond depuis Buenos Aires.Elle a monté un spectacle sur les premières femmes à avoir chorégraphié et dansé le tango intitulé Pioneras.
Voici les questions que nous lui avons posées :
Qui es-tu, Lorena ?
Tout d’abord quelques questions sur toi : comment as-tu découvert le tango et à quel moment as-tu su que c’était ta vocation ?
As-tu rencontré des difficultés en tant que femme à monter ton école de danse ? Parviens-tu à vivre de ta passion aujourd’hui ?
Histoire des femmes dans le tango
Nous connaissons assez mal le tango en France : peux-tu nous expliquer en quoi cette danse consiste, quelle est son histoire ?
Tu as créé un spectacle sur les pionnières du tango. Peux-tu nous en dire plus sur ces femmes.
Ton spectacle s’appelle Pioneras. Est-ce que cela veut dire qu’il y a un tango d’hommes et un tango de femmes ? Quelle serait la différence ?
La reconnaissance deds femmes dans le tango aujourd’hui
La place des femmes dans le tango a longtemps été minoré. Qu’en est-il aujourd’hui ? Observes-tu une évolution ?
Pour finir sur des conseils d’écoute et de visionnage, quels grands et quelles grandes artistes de tango conseilles-tu à nos auditeurs et auditrices d’écouter ou d’aller voir sur scène ?
Sophie Lebarbier est scénariste, productrice et autrice de polar. Après avoir créé, écrit et produit la série Profilage (TF1), elle a publié plusieurs polars dont Les liens mortifères en 2022. Une flic y enquête sur la disparition d’une actrice dont la soeur, psy, s’est éloignée avec les années. La sororité peut-elle nous sauver de la noirceur du monde ?
Sophie Lebarbier
1. Dans ton roman, tu as choisi de mettre des soeurs au centre de l’intrigue, et l’une est victime. Y a-t-il quelque chose de romanesque dans le lien qui unit des soeurs qui t’a particulièrement inspiré ?
Effectivement, je trouve la figure des sœurs très inspirante. Je l’ai exploitée dans le roman Les liens mortifères, et aussi dans la série Profilage pendant plusieurs saisons, avec les jumelles Adèle et Camille.
J’ai des frères mais pas de sœur. Peut-être que je fantasme un peu ce lien, sa force et son ambivalence.
La fratrie d’une manière générale me semble une excellente matière romanesque : vous pouvez tenter de vous montrer sous votre meilleur jour à un amant, une maîtresse, à un ami même. Mais un frère ou une sœur a grandi avec vous, il connaît tous vos travers, vos petites et vos grandes faiblesses.
Il ou elle est aussi dépositaire de la même histoire familiale que vous, c’est un trésor commun que vous partagez. Avec des interprétations différentes de cette histoire en fonction de votre place dans la fratrie, ce qui peut rendre la confrontation des points de vue riche… ou agitée.
La relation entre deux sœurs (ou entre deux frères) me paraît plus forte encore parce que s’y ajoute inévitablement une notion de comparaison/compétition.
Quels que soient les sentiments que vous inspirent un frère ou une sœur, ils ont eu toute l’enfance pour se sédimenter. A l’âge adulte, ils forment donc une couche épaisse, compacte et complexe. C’est une matière très riche pour nourrir des intrigues romanesques.
2. La personne qui mène l’enquête est une femme : penses-tu que le genre du personnage principal influe sur la narration dans le cas du roman policier ? Hommes et femmes mènent-ils l’enquête de la même façon ?
Tes questions me titillent. Instinctivement, j’ai envie de répondre que le genre du personnage principal n’influe en rien sur la narration, ou alors à la marge. Que ce qui définit un enquêteur (policier ou non) c’est avant tout le fait qu’il enquête.
Sauf que…
De fait, dans mes romans comme dans les séries que j’ai pu créer, les personnages principaux sont toujours des femmes. C’est plus naturel pour moi de me glisser dans un point de vue féminin. Mes héroïnes enquêteraient-elles différemment si elles étaient des hommes ? Difficile de répondre sans avoir essayé.
Beaucoup de romanciers parviennent faire reposer leurs intrigues sur les épaules d’un personnage d’un genre différent du leur. Je pense par exemple à Olivier Norek. On connaît sa série sur le capitaine Coste, un homme. Avec Surface, il met en scène Noémie Chastain qui n’est pas moins flic que Coste au prétexte qu’elle serait une femme..
Pour autant, il n’y a pas de raison que les romanciers échappent aux biais de genre dont nous sommes tous victimes. Aujourd’hui on dispose des outils théoriques pour en être conscients. C’est déjà quelque chose.
3. « Toi, hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère » : es-tu d’accord avec ce vers de Baudelaire qui fait du lectorat une sorte de famille pour l’auteur ou l’autrice ?
Oui, trois fois oui. Je fais partie des auteurs qui assument d’écrire pour un lectorat (ou des scénaristes qui écrivent pour un public). Je l’assume et je le revendique. Un de mes grands plaisirs avec le roman consiste même à adresser des clins d’œil au lecteur (quand le narrateur l’interpelle directement par exemple).
Mon travail, à travers les histoires que j’invente, consiste à faire naître des émotions chez le lecteur. Je présuppose donc chez le lecteur les mêmes emballements, aspirations, faiblesses et renoncements que chez moi. Ce sont des leviers que j’actionne sur la base de notre commune humanité.
Après, c’est comme en politique : ce n’est pas parce qu’on cherche à parler au plus grand nombre qu’on doit être démagogue et flatter les bas instincts !
Les liens mortifères est à découvrir au Livre de poche !
Nous recevons aujourd’hui Maëlys Beulque, Tech Entrepreneure, formatrice digitale et experte SEO. Elle a récemment été reçu docteure à l’International Management School de Genève.
Maëlys travaille donc dans ce qu’on appelle la “tech” plus de dix ans. C’est une experte reconnue dans son métier et c’est pour parler de la place des femmes dans la tech que nous l’invitons aujourd’hui.
Selon l’étude Gender Scan, en 2022, seulement 17 % des effectifs de la tech française étaient des femmes, contre 22 % en Europe… Le pays des droits de l’Homme serait-il à la traîne quand on parle égalité hommes/femmes ?