Archives de catégorie : discussions

Podcast – Les contes de fées à l’heure du féminisme

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Parce que les contes de fées aussi sont parfois mal lus, voire mal compris : Karine Mazel, psychologue et conteuse, nous propose une exploration de notre conscience et de notre inconscient par le détour des contes. Dans son spectacle “Tu parles, Charles!”, elle nous dévoile tout “ce qu’on ne vous dit pas sur les contes de fées” en interrogeant leur modernité et en répondant à la grande question qui agite notre société : comment lire aujourd’hui ?

Et pour approfondir la question, quelques articles de Karine Mazel en ligne :

https://www.linsatiable.org/-Chronique-mais-pas-grave-

http://lagrandeoreille.com/

Un épisode à écouter sur toutes les plateformes de podcast :

Podcast – Cycle “Les femmes dans les séries” : La femme célibataire selon les séries US

Aujourd’hui nous continuons notre cycle d’analyse des séries et nous abordons la questions de la représentation de la femme célibataire dans les séries.
Le célibat est devenu, à la fin du XXe siècle, une période de la vie des classes moyennes et supérieures urbaines s’allongeant jusqu’à 35 ans voire au-delà. Associé à l’émancipation féminine qui marque la 2e moitié du XXe siècle, ce nouvel état sentimental et matrimonial a amené bien des showrunners à traiter de cette figure. 

Mais que disent les séries des femmes célibataires ? Sont-elles considérées comme des sorcières, soit comme des marginales qui menacent, par leur liberté, la cohésion d’un groupe constitué autour d’une dépendance à un homme ? Sont-elles présentées comme des modèles ou, à l’instar de Bridget Jones, n’aspirent-elles qu’à trouver le Prince charmant afin de sortir de la catégorie humiliante de “vieille fille”, soit de femme dont personne ne veut ? 

Afin de répondre à ces questions, nous allons parler principalement de 3 séries : Ally Mac Beal, Sex and the City, Dollface ; nous évoquerons d’autres séries en contrepoint de celles-ci. 

[club] Les femmes selon les séries : Les luttes féministes

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Nous entamons aujourd’hui un cycle sur la représentation des femmes dans les séries. Ce cycle s’organisera autour de plusieurs thématiques, une par épisode, et s’intéressera aux séries de toute nationalité, de toute production, et de toute année. C’est donc un programme ambitieux !

La représentation des femmes dans les séries est un enjeu d’importance. Comme le pointe Flaubert dans Mme Bovary, c’est par la consommation de fiction que la plupart d’entre nous, hommes comme femmes, trouvons des modèles et pensons notre identité et nos actions. Ainsi quels modèles féminins prônent les séries, selon les cultures et à travers le temps ?

Notre premier épisode sera consacré à la représentation des luttes féministes dans les séries. Il faut commencer par avouer que nous avons beaucoup cherché des fictions sous forme de séries qui livrent cette histoire des luttes féministes et que nous n’en avons pas trouvé beaucoup. La BBC a ainsi produit une mini-série sur les suffragettes, Shoulder to shoulder, mais elle n’est plus disponible aujourd’hui.

La seule autre série consacrée uniquement aux mouvements féministes s’avère être Mrs America, série américaine en une saison de 9 épisodes d’environ 50 minutes. Cette série a été produite par Shiny Penny Productions, Dirty films, Gowanus Projections, Federal Engineering et FX Production et a été diffusée en 2020 sur la chaîne virtuelle Fx sur Hulu. Elle a été créée par Dahvi Waller, scénariste de Mad Men, et compte à son casting Cate Blanchett notamment. A ce jour elle n’a été diffusée dans les pays francophones seulement en France, sur Canal+, et est accessible sur la plateforme MyCanal.

Voici l‘épisode de ce podcast, à retrouver aussi sur les plateformes de podcast :

[club] Baudelaire Le fantôme : Absence

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La femme fantôme est d’abord absence.

La femme n’est pas présente dans le texte de Baudelaire : on ignore ses sentiments, ses pensées, ce qu’elle est devenue. C’est aussi ce que l’on avait remarqué chez Jules Verne et Bioy Casares. On avait aussi noté la volonté de garder, retenir, assujettir une femme perdue. Cette idée est moins forte chez Baudelaire, mais elle est là aussi. Cette note positive à la fin du poème nait de ce sentiment de pouvoir figer le temps et de garder non pas la femme elle-même mais son souvenir.

Dès lors que la femme est là, elle n’est plus un fantôme. C’est ce que l’on a vu dans Les Dames vertes de George Sand.

Retrouvez ce sujet dans l’épisode du podcast “Qui a peur du féminisme?” en cliquant sur le lien ci-dessous :

La femme fantôme – Baudelaire, Les Fleurs du mal, “Un fantôme” by Qui a peur du féminisme ? • A podcast on Anchor

[club] Baudelaire Le fantôme : Échec

Dans le poème de Baudelaire, le fantôme incarne le souvenir de la femme aimée.

On retrouve dans la première partie du poème tous les attributs négatifs du fantôme associée aux fantômes dans la littérature fantastique : tristesse, obscurité, mort, absence de sens. Mais ensuite s’opère un renversement : le fantôme ou le souvenir devient quelque chose de positif : il restaure le passé, rend la vie au poète qui assume sa mélancolie et en fait une force, une victoire sur le temps et la mort « Tu ne tueras jamais dans ma mémoire/ Celle qui fut mon plaisir et ma gloire ! ».

Cependant on retrouve chez Baudelaire, comme chez Jules Verne et Bioy Casares, l’idée que la femme du souvenir est diminuée par rapport à celle du passé. De la passion flamboyante de l’amante, il ne reste qu’un « qu’un dessin fort pâle, aux trois crayons ». Là où les héros de Verne et Bioy Casares avait recours à la technique, Baudelaire n’a recourt qu’à son esprit, à sa mémoire. Au niveau des sens, cette restauration du passé reste imparfaite, en-dessous de la réalité.

Pour notre discussion, l’idée centrale est donc que la femme fantôme n’est pas réelle, mais un essai, une expérience pour recréer une femme réelle.

(club) Radium girls – La douleur des femmes

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On a essayé de discréditer la parole des femmes qui parlaient de leurs corps et leurs douleurs. On leur a reproché d’être hystériques, d’avoir des douleurs nerveuses. Les plaintes des hommes sont davantage prises au sérieux.

Ceci reste une réalité aujourd’hui comme l’illustrent par exemple l’autrice américaine Suzannah Weiss (#My Doctor said) ou le médecin et auteur français Martin Winckler.

(club) Radium girls- Intersectionnalité

Le cas des Radium girls est intersectionnel. Elles ont longtemps été ignorées non seulement parce qu’elles étaient des femmes mais aussi parce qu’elles étaient des ouvrières. Même si notre point de vue est féministe, on ne peut pas ignorer l’injustice sociale. 

On a deux structures qui empêchent la reconnaissance du préjudice :

·      Le patriarcat ;

·      Le patronat (et peut-être même le système capitaliste).

Il ne suffisait pas d’être un homme pour être protégé, mais d’être un homme « de bonne famille ».

Dans les deux cas, on remarque que ce ne sont pas seulement des individus qui se sont ligués contre ces femmes, mais des systèmes.

(club) Radium girls – Fantômes

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Les radiums girls sont des femmes fantômes à plusieurs titres :

1)    On les a appelées ainsi car la poussière de radium les faisait rayonner dans le noir.

2)    On les a ignorées, mises en danger et trompées comme si elles ne comptaient pas.

3)    Le radium continue de briller dans leurs os longtemps après leurs morts. C’est d’ailleurs l’analyse des os des premières victimes qui a permis la reconnaissance de l’empoisonnement. Elles sont donc venues après leur mort tourmenter les responsables et aider les autres femmes.

[club] L’invention de Morel – L’incommunicatibilité amoureuse ?

Le roman de Bioy Casarès se finit sur ces mots : “A celui qui, se fondant sur ce rapport, inventera une machine capable de rassembler les présence désagrégées, j’adresserai une prière : qu’il nous chercher, Faustine et moi, qu’il me fasse entrer dans le ciel de la conscience de Faustine. Ce sera là une action charitable.”

Le narrateur ne réduit pas Faustine à une image ; c’est Morel qui agit ainsi. Et il le fait car elle est morte. Si Morel s’en accommode, le narrateur, lui, aimerait entrer en contact avec Faustine. Mais ce que montre l’invention de Morel, c’est que cette communication est impossible. Cela est propre à son dispositif fictionnel évidemment mais cela me semble aussi symbolique de la difficile communication entre les êtres, tout particulièrement en amour : la parfaite compréhension serait-elle une illusion, un désir inassouvi ?

On rejoindrait en cela la réflexion de Samuel Beckett dans ses pièces comme Oh les beaux jours ou Fin de partie… En dépassant le strict problème des rapports hommes/femmes.