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[bio] Frances Hodgson Burnett

Frances BurnettFrances Hodgson naît le 24 novembre 1849 à Cheetham Hill en Angletterre. Seize ans plus tard elle suivra sa mère aux États-Unis et obtiendra la nationalité américaine en 1905.

L’imagination contre la pauvreté. Son père décède quatre ans après sa naissance, laissant cinq orphelins et très peu d’argent. Sa veuve reprend l’entreprise familiale mais échoue. Elle vend en 1864 et déménage à Knoxville dans le Tennessee où son frère l’appelle à l’aide. En dépit des difficultés financières de sa famille, Frances semble avoir vécu une enfance heureuse. Elle commence à écrire des poèmes et de petites histoires dès l’âge de sept ans. Son imagination apparaît avoir toujours été une arme pour s’évader de son quotidien. Elle va bientôt lui permettre de s’en sortir au sens propre. Pour payer les timbres de son premier envoi à un éditeur, elle doit voler et revendre du raisin. Ses premières histoires sont publiées en 1868. Elle se met alors à en écrire cinq ou six par mois afin d’aider financièrement les siens.
Gloire littéraire. Elle épouse Samuel Burnett en 1873. Ils auront deux fils : Lionel et Vivian. Ils voyagent beaucoup au début de leur union en Angleterre et en France avant de s’installer dans la capitale américaine en 1877. C’est à cette époque que Frances fait paraître son premier roman The Lass o’ Lowrie’s, aussitôt acclamé par la critique. L’écrivaine commence alors à fréquenter les milieux littéraires et enchaîne les succès : Haworth (1879), A Fair Barbarian (1881), Through One Administration (1883). Elle s’occupe également d’adapter ses œuvres au théâtre. Mais au fur et à mesure que grandit sa célébrité, elle se sent de plus en plus déprimée. Elle est de plus attaquée dans ses choix de vie : elle évolue en effet dans un milieu masculin et s’absente souvent de son foyer. Son premier roman pour la jeunesse Little Lord Fauntleroy est publié en 1885 et reçoit un succès inédit pour un livre pour enfant.
Combat pour le respect de la propriété intellectuelle. Dès la publication de son premier roman, Frances a été confrontée à l’absence de droits d’auteur en Angleterre et sa biographie est marquée par une attention constante à cette question. En 1887 alors qu’elle voyage en Europe avec ses deux fils, elle apprend que Seebohm va adapter sans autorisation Little Lord Fauntleroy au théâtre. Elle se dépêche de se rendre à Londres, d’écrire et de monter sa propre adaptation qui remportera en 1888 un succès plus important que sa « copie ». Frances attaque alors Seebohm en justice et gagne. Elle crée ainsi une jurisprudence qui lui vaut les remerciements de la société des auteurs britanniques.
Traquée. Son fils ainé meurt en 1890 et elle met un certain temps à faire son deuil. La presse ne respecte ni son chagrin ni son désir de se retirer de la vie publique. Elle continue à la critiquer, à écrire sur sa vie privée. Elle divorce en 1898 et se remarie en 1900 avec Stephen Towsend. Ce remariage serait dû à un chantage, toujours est-il qu’il ne durera que deux ans. Elle ne cesse d’écrire et de publier : The One I Knew Best Of All (une autobiographie, 1893), A Lady of Quality (1896), His Grace of Osmonde (1897), Emily Fox-Seton (1901), A Little Princess (1905), The Shuttle (1906), The Dawn of Tomorrow (1909), The Lost Prince (1915), Robin (1922), The Head of the House of Coombe (1922). Plus les critiques sur sa personne se déchaine, plus elle essaye de se cacher pour cultiver son jardin. Cette attitude aurait inspiré son roman demeuré le plus célèbre, The Secret Garden (1911). Sa dernière apparition publique a lieu lors de la première de l’adaptation cinématographique de Little Lord Fauntleroy en 1921. Elle meurt le 29 octobre 1924.
A Little Princess
Le roman paraît en 1905. C’est l’adaptation d’une pièce de théâtre, Sara Crewe, que Frances Hodgson Burnett a écrit en 1888. Sara est la petite princesse de son père qui l’inscrit cependant dans le pensionnat de Miss Minchin. Elle y est également traiter comme une princesse jusqu’au décès de son père. Puisqu’aucun exécuteur testamentaire ne s’acquitte les frais de scolarité, « charitablement », la directrice accepte de garder Sara comme servante. Malgré cette déchéance, Sara continue de se comporter avec dignité, “en princesse”…
Réception.  La publication du roman, de même que la pièce qui l’a précédé, est un succès et les critiques sont élogieuses. Les nombreuses adaptations cinématographiques et télévisuelles (dont un célèbre animé dans les années 1980 : http://www.petite-princesse.fr/index.htm) soulignent que cette popularité n’a pas tari avec le temps.
Critiques féministes. Longtemps dédaigné par les critiques et oublié des études sur la littérature victorienne comme tous les romans destinés à la jeunesse, il est ensuite rejeté par les féministes qui le réduisent à une reproduction des idéaux de la société patriarcale. Les études vont à partir des années 80 s’affiner et les plus complètes s’intéressent surtout à l’intertextualité, notamment à l’utilisation du mythe de Cendrillon comme stratégie subversive pour contester les résultats idéalisés des contes de fée (Donald Hasse,Feminism and Fairy Tales, Wayne State University Press p.20). Sara en effet utilise des personnages littéraires comme paradigme à sa situation (S. Forster et J.Simons, What Katy read : feminist re-readings of classic stories for girls, University of Iowa Press, 1995, p.178). Elle fait certes preuve des vertus classiquement attribuées aux femmes, mais son imagination est un pouvoir réel. L’auteure dans son œuvre semble attribuer ce pouvoir à l’enfance indépendamment du genre.

Bibliographie sélective
A Little Princess, Penguin Books Gb.
The Secret Garden, Penguin Books Gb.
Gretchen Gerzina, Frances Hodgson Burnett, Chatto, 2004.
Pour aller plus loin
http://www.online-literature.com/burnett/
http://www.tickledorange.com/FHB/index.html
Ecrit par Daisy (14/06/09).

Auteur

mptachet@gmail.com

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