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[club] Virginia Woolf – Trois Guinées : Un reste de Hegel?

V. Woolf met en avant l’importance qu’a prise la première guerre mondiale dans l’évolution des mentalités touchant la question des femmes. Elle décrit la manière dont les femmes ont occupé la place des hommes en leur absence, se sont mise à travailler, et ont ainsi acquis une autonomie, non pas tant financière cette fois que mentale. Cette libération de leur carcan joue donc, observe-t-elle, en faveur d’une promotion de la guerre : puisque c’est lorsque les hommes sont sur le front que les femmes peuvent se sentir exister, elles les encourageront à s’engager. Il faut donc les aider à se libérer autrement, si on ne veut pas les pousser à promouvoir la guerre.
Dans ce passage, ce qui m’a intéressé, c’est l’idée – chère à Hegel – d’une libération par le travail. Mais je surinterprète peut-être, parce que V. Woolf n’accentue pas vraiment ce point. Elle ne décrit pas la manière dont le travail désaliène, mais insiste plutôt sur la puissance libératrice d’une véritable éducation, car d’une véritable culture.
Je me demande, du coup, si on ne retrouve pas là un peu de son préjugé de départ (que j’appelais « préjugé de classe »), selon lequel ce qui importe, c’est la culture, la valeur du savoir, et non le travail dans son aspect le plus concret (les femmes en 1914 « conduisent les camions » etc).

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