[club] Mary Wollstonecraft – Rousseau, l’ennemi

[photopress:rousseau.jpg,thumb,pp_image]Le chapitre consacré à la critique des propos des écrivains sur les femmes se limite en fait à traiter de Rousseau et de sa Sophie de l’Emile. Rousseau est d’ailleurs fréquemment cité dans l’ouvrage, acquérant la statut d’adversaire privilégié. Lui aussi prend en effet la défense de la vertu, et pense l’éducation des enfants en fonction de ce seul impératif. Seulement, il réduit la vertu de la femme à la seule obéissance au mari, ce que rejette Mary Wollstonecraft.
Or l’argumentaire de Rousseau est ambigu, et c’est ce que s’emploie à montrer Wollstonecraft. Il reconnaît que la fille est, de naissance, d’une constitution physique équivalente à celle du garçon, et que c’est son éducation qui bride ses forces physiques. Il reconnaît également que la petite fille est éduquée à feindre la faiblesse pour faire plus vivement ressentir au garçon sa force et entretenir le lien de domination qui les définit l’un par rapport à l’autre. Or, si cette domination est feinte, si elle tient d’un jeu de rôle, qu’elle ne repose sur aucune faiblesse physique, d’où vient sa nécessité? Comment Rousseau la justifie-t-il? Aucun argument ne nous l’apprend.
Par conséquent, le recours à Rousseau est peut-être d’autant plus fréquent, chez Wollstonecraft, qu’elle a le sentiment que son argumentation est imparfaite et pourrait servir la cause des femmes bien plus qu’elle ne la dessert.

Ce contenu a été publié dans discussions. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *