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[club] Elisabeth Badinter – Fausse route : Questions épineuses

Plusieurs questions difficiles sont posées dans le livre : le harcèlement sexuel ; la définition du viol ; le port du voile à l’école. Tous sont abordés par le biais des rapports hommes/femmes, et, tels que les présente E. Badinter, ces “faits”, auraient été défini comme déviants ou menaçants parce qu’ils témoignent d’une domination violente (donc illégitime) de l’homme sur la femme. Dénonçant les dérives d’une telle lecture des faits, elle dénonce donc le trop grand nombre de procès intentés pour harcèlement sexuel aux Etats-Unis, la mention d’une contrainte au “consentement” psychologique et pas seulement physique dans la définition du viol, et l’acceptation, au nom de la laïcité, d’une pratique dégradante pour la femme (le port du voile).
Il me semble pour ma part que les dérives dans le nombre de procès pour harcèlement sexuel ne doit pas remettre en cause le bien-fondé de l’introduction de ce délit dans le code pénal : les rapports de séduction ont toujours joué avec un rapport de domination et de pression exercée sur l’autre. La question, ici, n’est pas de savoir s’il s’agit d’une pression que l’homme exerce sur la femme ou l’inverse, mais de dénoncer une forme de pression qui est, en tant que telle, injuste et conduit à des dommages. Quant au viol, la contrainte psychologique existe, c’est un fait avéré par beaucoup d’études psychologiques de base (cas de la relation d’emprise, des séductions incestueuses…). Le renier me semble parfaitement aberrant. Là encore, il s’agit d’une dérive : la règle habituelle est en effet qu’un non veut dire non, et qu’un oui veut dire oui. Mais ce n’est pas parce que, dans le cas du viol, ne rien dire ça ne signifie pas dire “oui” mais tout simplement ne pas être en position psychologique de dire non , que c’est le cas dans la vie quotidienne. C’est là que le raisonnement dérive.
Enfin, le port du voile est une question à la fois religieuse et de rapport entre les sexes : si on suit le principe de respect des religions, l’Islam doit être acceptée au sein des établissements scolaires comme les autres religions ; si on voit dans le voile la marque d’une subordination de la femme à l’homme, il faut l’interdire. A deux problèmes différents, deux réponses différentes. Mettre de côté un des deux problèmes ne me semble pas cohérent.

Auteur

elodie.pinel@gmail.com

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