Archives mensuelles : mars 2017

[club] Camille Claudel – Trop amoureuse pour réussir?

valseLes femmes sont-elles trop amoureuses pour réussir ?

Camille s’est-elle laissée piéger, aveugler par son amour pour Rodin? Si elle avait pris plus de distance, elle ne serait peut-être pas tombée dans une crise qui a diminué sa production et justifié son internement.

Artemisia avait aussi choisi de s’éloigner de l’homme qu’elle aimait pour mieux créer.

Les hommes sont-ils plus capables de privilégier leur art?
C’est ce qu’on veut nous faire croire…..

[club] Camille Claudel – Une folle ou une artiste muselée?

une femmeEst-ce que la folie était un prétexte pour l’écarter ? Les femmes de génies, les femmes qui transgressent sont considérées comme des folles.

Anne Delbée décrit la mère de Camille comme une femme jalouse : elle est jalouse de l’intérêt que lui portait son père, jalouse de son génie peut-être. Elle a donc interné sa fille avec la volonté de la faire taire. Camille veut être elle-même « Camille déteste ces femmes qui ne disent jamais ce qui leur fait plaisir ou non. Eternelles victimes, elles se sacrifient à tout jamais ». La mère de Camille en veut peut-être tout simplement à sa fille de vouloir être elle-même.

Il lui est interdit de sculpter durant son internement, pourquoi ? Et pourquoi cet internement a-t-il duré si longtemps ? Anne Delbée réfute la thèse de la folie : Camille aurait pu retrouver la santé si sa mère ou son frère l’avait voulu. Cette thèse a été contesté par les héritiers de Claudel. Le film de Bruno Nyuten reprend la thèse de la folie. Anne Delbée se base sur les lettres que Camille a écrit durant son internement.

[club] Camille Claudel – Mésaventures de la postérité

camille 2Camille Claudel était une figure oubliée de la sculpture jusqu’à ce qu’Anne Elbée fasse publier cette biographie, traduite en 20 langues.

Mais ce qui a le plus contribué à réhabiliter cette artiste, c’est l’adaptation cinématographique de Bruno Nuytten avec sa femme de l’époque Isabelle Adjani dans le rôle-titre, celle-ci ayant fortement participé à la naissance du projet.

Je me pose donc une question idiote : est-ce que le fait que Camille Claudel ait été jolie, et qu’une actrice tout aussi agréable à regarder en ait campé le rôle, a contribué à sa réhabilitation ? Y a-t-il, là encore, une réduction de la femme à ses seuls attraits physiques ? La focalisation sur la relation avec Rodin joue elle aussi avec une dimension trouble de la perception de la femme : Camille est une amoureuse, une passionnée ; cela perpétue le cliché de l’artiste exaltée, un peu hystérique.

Ce cliché se prolonge jusqu’à l’insistance, récente, sur la fin de vie de Camille Claudel à l’asile. Est-ce parce qu’elle “colle” bien à ces lieux communs sur la femme artiste, qui focalisent leur attention sur la dimension sexuée de sa création et de sa démarche, que Camille Claudel a pu être redécouverte ?

[club] Camille Claudel – Du frère à la soeur, du maître à la disciple : les ombres masculines

camille claudel 1Nous avons vu avec Artemisia Gentileschi que l’ombre du père planait sur sa carrière et sur sa reconnaissance, encore aujourd’hui, en tant qu’artiste peintre. Le même phénomène s’observe à propos de Camille Claudel, à laquelle la biographe au programme de notre club ce mois-ci est venue par la connaissance de l’oeuvre de son frère, Paul Claudel. Anne Delbée est en effet une femme de théâtre (elle-même préférant le terme “homme de théâtre”), fille de Jean-Louis Barrault, qui a ressenti sa vocation théâtrale lors d’une représentation d’une pièce de Paul Claudel.

Les relations du frère et de la soeur sont abordés dans l’ouvrage ; mais la figure masculine la plus importante pour Camille Claudel, c’est celle de Rodin, qui à la fois catalyse, cristallise et vampirise le talent de Camille. Là où le frère est une figure masculine positive, que la postérité aura davantage mieux en avant que sa soeur, le maître Rodin est un danger pour la femme artiste, mis en position de prédateur. Les relations de concurrence propres au champ artistique prennent alors un tour de séduction potentiellement perverse.

Comment penser sereinement les rapports hommes/femmes dans un contexte concurrentiel ? J’ai l’impression que notre examen des écrivains femmes a certes relevé des rapports de ce type mais que la dimension de prédation de la part des rivaux masculins n’était pas si forte : qu’en penses-tu ?