Archives mensuelles : avril 2012

[club] Matthieu-Castellani – Réserves

Je suis gênée quand on parle de féminin et de masculin dans l’écriture… Qu’est-ce qu’on appelle féminin? N’est-ce pas des qualités que les stéréotypes attribuent généralement aux femmes? Je vois bien que Gisèle Matthieu-Castellani fait preuve de prudence, qu’elle précise qu’il y a du féminin chez les hommes… Mais pourquoi maintenir cette différence?.. En quoi l’oralité d’un discours serait plus féminin par exemple??

Je n’ai peut-être pas tout compris dans la démonstration. Il est vrai que je suis toujours gênée quand on cherche à définir le féminin en dehors d’un cadre biologique…

Je sais qu’il y a aussi un danger à proclamer l’égalité absolue des hommes et des femmes, que les points de vue peuvent être biaisés du fait de son sexe (de même que sa position sociale, âge etc), que le risque est aussi, puisque les hommes et les femmes sont égaux, de ne lire que les hommes, et pas les femmes… Tout de même, je suis contre le concept d’écriture féminine ou même de marques du féminin…Pourquoi ce bookclub me dira-t-on? Pourquoi étudier les femmes? Pour leur redonner la place que des préjugés sexistes leur ont refusées, par souci de justice. Pour prouver que les femmes savent écrire, peuvent écrire et être originales…

Mais je ne crois pas que cette problématique de l’originalité soit proprement féminine…Je pense que la problématique de l’originalité se trouve aussi chez les auteurs hommes à la Renaissance… La création artistique revient toujours à s’approprier un héritage et une technique, et à y apporter quelque chose de neuf… Et bien sûr ce quelque chose de neuf est fonction de qui on est, de son sexe mais pas seulement…. Ainsi je pense que le texte d’une femme sera plus proche de celui d’un homme ayant reçu la même éducation, ayant une histoires familiale semblable et vivant dans la même époque, la même culture, que de celui d’une femme d’une autre époque ayant vécu dans un autre pays et ayant reçu une autre éducation.

[club] Matthieu-Castellani – Questions

J’ai relevé dans cet essai des questions intéressantes quand on s’intéresse aux questions de genre, d’égalité des sexes…

Comment penser la différence et l’égalité, comment penser deux sexes à la fois différents et égaux? La cosmologie de la Renaissance comme le remarque l’essai repose sur des hiérarchies entre des contraires (le haut et le bas, le chaud et le froid, le masculin et le féminin…)

Est-ce que les hommes et les femmes doivent avoir les mêmes fonctions, même s’ils sont égaux?

Qui défend le mieux la cause des femmes : les libertins qui leur donne droit au plaisir ou ceux qui proclament les femmes supérieures car plus vertueuses?

La quenouille, la lyre ou les deux? La femme est-elle fait pour le foyer et cela exclut-elle pour elle d’être poète? Peut-on à la fois être au foyer et poète?La femme peut-elle tenir le rôle social qu’on attend traditionnellement d’elle tout en étant aussi poète?

La femme peut-elle créer une poésie originale? Peut-elle créer?

Y-a-t-il des marques du féminin dans l’écriture?