Archives mensuelles : juin 2009

[bio] Frances Hodgson Burnett

Frances BurnettFrances Hodgson naît le 24 novembre 1849 à Cheetham Hill en Angletterre. Seize ans plus tard elle suivra sa mère aux États-Unis et obtiendra la nationalité américaine en 1905.

L’imagination contre la pauvreté. Son père décède quatre ans après sa naissance, laissant cinq orphelins et très peu d’argent. Sa veuve reprend l’entreprise familiale mais échoue. Elle vend en 1864 et déménage à Knoxville dans le Tennessee où son frère l’appelle à l’aide. En dépit des difficultés financières de sa famille, Frances semble avoir vécu une enfance heureuse. Elle commence à écrire des poèmes et de petites histoires dès l’âge de sept ans. Son imagination apparaît avoir toujours été une arme pour s’évader de son quotidien. Elle va bientôt lui permettre de s’en sortir au sens propre. Pour payer les timbres de son premier envoi à un éditeur, elle doit voler et revendre du raisin. Ses premières histoires sont publiées en 1868. Elle se met alors à en écrire cinq ou six par mois afin d’aider financièrement les siens.
Gloire littéraire. Elle épouse Samuel Burnett en 1873. Ils auront deux fils : Lionel et Vivian. Ils voyagent beaucoup au début de leur union en Angleterre et en France avant de s’installer dans la capitale américaine en 1877. C’est à cette époque que Frances fait paraître son premier roman The Lass o’ Lowrie’s, aussitôt acclamé par la critique. L’écrivaine commence alors à fréquenter les milieux littéraires et enchaîne les succès : Haworth (1879), A Fair Barbarian (1881), Through One Administration (1883). Elle s’occupe également d’adapter ses œuvres au théâtre. Mais au fur et à mesure que grandit sa célébrité, elle se sent de plus en plus déprimée. Elle est de plus attaquée dans ses choix de vie : elle évolue en effet dans un milieu masculin et s’absente souvent de son foyer. Son premier roman pour la jeunesse Little Lord Fauntleroy est publié en 1885 et reçoit un succès inédit pour un livre pour enfant.
Combat pour le respect de la propriété intellectuelle. Dès la publication de son premier roman, Frances a été confrontée à l’absence de droits d’auteur en Angleterre et sa biographie est marquée par une attention constante à cette question. En 1887 alors qu’elle voyage en Europe avec ses deux fils, elle apprend que Seebohm va adapter sans autorisation Little Lord Fauntleroy au théâtre. Elle se dépêche de se rendre à Londres, d’écrire et de monter sa propre adaptation qui remportera en 1888 un succès plus important que sa « copie ». Frances attaque alors Seebohm en justice et gagne. Elle crée ainsi une jurisprudence qui lui vaut les remerciements de la société des auteurs britanniques.
Traquée. Son fils ainé meurt en 1890 et elle met un certain temps à faire son deuil. La presse ne respecte ni son chagrin ni son désir de se retirer de la vie publique. Elle continue à la critiquer, à écrire sur sa vie privée. Elle divorce en 1898 et se remarie en 1900 avec Stephen Towsend. Ce remariage serait dû à un chantage, toujours est-il qu’il ne durera que deux ans. Elle ne cesse d’écrire et de publier : The One I Knew Best Of All (une autobiographie, 1893), A Lady of Quality (1896), His Grace of Osmonde (1897), Emily Fox-Seton (1901), A Little Princess (1905), The Shuttle (1906), The Dawn of Tomorrow (1909), The Lost Prince (1915), Robin (1922), The Head of the House of Coombe (1922). Plus les critiques sur sa personne se déchaine, plus elle essaye de se cacher pour cultiver son jardin. Cette attitude aurait inspiré son roman demeuré le plus célèbre, The Secret Garden (1911). Sa dernière apparition publique a lieu lors de la première de l’adaptation cinématographique de Little Lord Fauntleroy en 1921. Elle meurt le 29 octobre 1924.
A Little Princess
Le roman paraît en 1905. C’est l’adaptation d’une pièce de théâtre, Sara Crewe, que Frances Hodgson Burnett a écrit en 1888. Sara est la petite princesse de son père qui l’inscrit cependant dans le pensionnat de Miss Minchin. Elle y est également traiter comme une princesse jusqu’au décès de son père. Puisqu’aucun exécuteur testamentaire ne s’acquitte les frais de scolarité, « charitablement », la directrice accepte de garder Sara comme servante. Malgré cette déchéance, Sara continue de se comporter avec dignité, “en princesse”…
Réception.  La publication du roman, de même que la pièce qui l’a précédé, est un succès et les critiques sont élogieuses. Les nombreuses adaptations cinématographiques et télévisuelles (dont un célèbre animé dans les années 1980 : http://www.petite-princesse.fr/index.htm) soulignent que cette popularité n’a pas tari avec le temps.
Critiques féministes. Longtemps dédaigné par les critiques et oublié des études sur la littérature victorienne comme tous les romans destinés à la jeunesse, il est ensuite rejeté par les féministes qui le réduisent à une reproduction des idéaux de la société patriarcale. Les études vont à partir des années 80 s’affiner et les plus complètes s’intéressent surtout à l’intertextualité, notamment à l’utilisation du mythe de Cendrillon comme stratégie subversive pour contester les résultats idéalisés des contes de fée (Donald Hasse,Feminism and Fairy Tales, Wayne State University Press p.20). Sara en effet utilise des personnages littéraires comme paradigme à sa situation (S. Forster et J.Simons, What Katy read : feminist re-readings of classic stories for girls, University of Iowa Press, 1995, p.178). Elle fait certes preuve des vertus classiquement attribuées aux femmes, mais son imagination est un pouvoir réel. L’auteure dans son œuvre semble attribuer ce pouvoir à l’enfance indépendamment du genre.

Bibliographie sélective
A Little Princess, Penguin Books Gb.
The Secret Garden, Penguin Books Gb.
Gretchen Gerzina, Frances Hodgson Burnett, Chatto, 2004.
Pour aller plus loin
http://www.online-literature.com/burnett/
http://www.tickledorange.com/FHB/index.html
Ecrit par Daisy (14/06/09).

[bio] Louisa May Alcott

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Louisa May Alcott naît le 29 novembre 1832 à Germantown en Pennsylvanie (USA) mais passera la plus grande partie de sa vie à Concorde et à Boston dans le Massachusetts (USA).

Une enfance dans les richesses de l’esprit et la pauvreté. Louisa May est la seconde de quatre filles. Ses parents, philosophes transcendantalistes, jouent un grand rôle dans son éducation et influenceront sa pensée. Ils enseignent leurs idées à leurs filles, leur permettent de participer à des discussions avec des amis éminents comme Emerson ou Thoreau et leur donnent l’exemple de l’engagement. Ils soutiennent le mouvement pour l’abolition de l’esclavage et cachent des esclaves au péril de leur vie. Les Alcott feront également l’expérience d’une vie en communauté qui se terminera mal. Louisa May a donc dès sa naissance conscience de l’importance de la réflexion et de l’engagement. Cependant elle expérimente également que ces richesses s’accompagnent d’une grande pauvreté matérielle. Son père est souvent en tournée pour propager ses idées et ses projets de réforme et ne rapporte que de maigres revenus à sa famille. C’est donc sa mère, en travaillant, qui doit se charger d’assurer la subsistance des quatre enfants. Louisa May, de même que ses sœurs, devra très tôt occuper un emploi pour aider sa mère : enseignante, couturière, domestique. Très vite l’exemple de son père, si intelligent mais si pauvre et méconnu, fait naître en elle l’envie d’être riche et célèbre et lui donne envie d’utiliser son intelligence pour gagner de l’argent. Elle pense d’abord à être actrice avant de se lancer dans l’écriture.

Des débuts sous un masque. Louisa May commence à écrire à 16 ans et à publier à 19. Elle publie son premier poème en 1851 sous le pseudonyme de Flora Flairfield. Elle publie ensuite des nouvelles sous le pseudonyme de A.M Barnard. Pendant la guerre de secession, Louisa May s’engage comme infirmière pour les soldats à Washington DC. Elle y puisera le matériau pour un roman, Hopital Sketches, paru en 1863. Après un an de service, elle doit renoncer à travailler car a contracté une fièvre typhoïde. Le traitement à base de mercure qui lui est alors administré se révèlera un remède pire que le mal : Louisa May souffrira toute sa vie de séquelles. Pendant sa convalescence, en 1864, elle publie sous son nom, Moods, un roman qui traite de la guerre et de la question du divorce : cette publication marque les débuts d’une carrière de romancière à succès.

Notoriété et engagements. Louisa May est alors chargée de l’édition d’un magazine pour les jeunes filles, Merry’s museum. A la demande de ses éditeurs, elle publie en 1868 Little Women, un roman pour la jeunesse qui lui apportera aussitôt notoriété et fortune. Elle écrira trois suites à ce roman : Good wives,Little Men, et Jo’s boys and how they turned out , respectivement en 1869, 1871 et 1886. Louisa May, tout en appréciant d’être parvenu à son objectif de célébrité et de richesse, souffrira d’être sans cesse sollicitée pour ce type de romans. Elle se montre en effet tout à fait capable d’écrire des romans pour adultes : Work (1873), Rose in Bloom (1876), A modern Mephistopheles(1877), A whisper in the dark (1880). A côté de ses activités de romancière, elle s’engage et se montre très active malgré sa santé fragile. Elle défend l’abolition de l’esclavage et le droit de vote pour les femmes, se montre très magnanime et n’oublie jamais d’aider matériellement sa famille. S’occupant de son père malade, elle élève également sa nièce dont la mère est morte en couche. Elle meurt le 6 mars 1888, à 56 ans.

Little Women- Good wives

Le roman paru en 1868 raconte le quotidien des femmes de la famille March, la mère et les quatre filles, durant l’absence de Mr March, parti servir auprès de l’armée nordiste. Les quatre sœurs se lient d’amitié avec leur voisin Laurie et apprennent chacune à lutter contre leurs défauts : Meg affronte sa vanité tandis que Jo doit tempérer son caractère passionné. Amy doit combattre son égoïsme et sa fierté ; Beth, en revnache, est une sainte et ne doit lutter que contre la maladie.
Paru un an plus tard Good wives est souvent rattaché à Little Women comme étant son second volume. Il raconte en effet la suite des aventures des sœurs March devenues adultes. Meg est mariée dès le début du roman, Jo et Amy ne tarderont pas à rencontrer l’amour tandis que Beth devra à nouveau faire face à la maladie.

Réception. Le roman est un succès immédiat et la critique lui est très favorable. Rétrospectivement il apparaît comme le premier roman américain pour la jeunesse à proposer réalisme et distraction. Sa notoriété dépasse les frontières américaines et il est lu aujourd’hui encore dans le monde entier. C’est un classique de la littérature jeunesse qui a été plusieurs fois adapté à la télévision et au cinéma.

Critiques féministes. Ce n’est qu’à la fin des années soixante que les critiques se penchent sur ces romans jusqu’alors exclusivement cantonné à la littérature enfantine. Elles dénoncent alors la morale et la séparation traditionnelle entre la sphère des hommes (publique) et la sphère des femmes (privée). De plus la position de Louisa May Alcott quant à l’émancipation des femmes est ambiguë : Jo qui semble incarner dans la première partie du roman la rupture avec les traditions renoncera à beaucoup de ses rêves en se mariant, à l’instar de nombreux personnages féminins dans l’œuvre de Louisa May Alcott. En cela, certaines féministes n’hésitent pas à la ranger parmi les réactionnaires.
Cette analyse s’oppose pourtant à l’engagement de Louisa May Alcott durant sa vie et dans ses écrits non fictionnels. Aussi, à partir des années 80, les critiques se font-elles moins sévères : certaines cherchent à montrer qu’il y a un second degré dans les aventures des sœurs March, d’autres se contentant de saluer le portrait réaliste de la condition féminine et du conflit entre l’aspiration à l’indépendance et les devoirs familiaux.

Bibliographie sélective

Little Women, Penguin Books Gb.
Good wives, Penguin Books Gb.

Pour aller plus loin

http://www.online-literature.com/alcott/
http://www.enotes.com/feminism-literature/alcott-louisa-may
http://www.alcottfilm.com/real_life.php
Ecrit par Daisy (06/06/09)