Shakespeare n’avait sans doute pas de sœur, mais Felix Mendelssohn oui. Elle s’appelait Fanny. Elle a appris la musique et le piano avec lui jusqu’à ce qu’elle ait quatorze ans. Ensuite leur père a souhaité une carrière professionnelle pour son fils et a préféré que sa fille demeure une « dilettante ». Si Fanny Mendelssohn n’avait pas été une fille, elle aurait peut-être été le seul Mendelssohn dont on se souvienne aujourd’hui.
Fanny a été victime des préjugés de son père sur les femmes : elle devait pas être des artistes professionnelles. Mais le genre n’est pas le seul problème de Fanny. Sa classe sociale l’est tout autant : elle n’avait pas besoin de gagner sa vie, donc de publier sa musique.


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1 réaction

  1. admin le 20 décembre 2018 à 20 h 01 min

    Fanny Mendelssohn a en effet souffert des préjugés liés à son sexe ; quant à sa classe sociale, j’ai tendance à penser que si elle avait cumulé d’être une femme et d’être de basse extraction, elle n’aurait jamais même accédé à une culture et une éducation musicale.
    Cette réflexion, et celles que nous avons menées ces derniers mois sur la création féminine, m’amène à cette considération : est-ce que ce ne sont pas nos critères de reconnaissance artistique qui sont en cause ? Nous pensons que seule vaut la culture officielle, adoubée par l’institution car passée par les grands canaux de diffusion. Or beaucoup d’artistes, en l’occurrence des compositeurs, féminins comme Fanny Mendelssohn, ou même masculins comme Chopin, ont surtout eu des carrières de salon et étaient connus dans un cadre strictement intime (il en allait de même pour Schubert). Au final, est-ce que Fanny Mendelssohn n’a pas vécu autant en artiste que Chopin ou Schubert ? Elle a tout simplement accordé les contraintes liées à ses conditions d’existence (être une femme de la bourgeoisie juive allemande du XIXe siècle) avec sa vocation de musicienne, interprète et compositrice.
    C’est peut-être notre chemin à tous ; et la postérité en fait bien ce qu’elle veut… Mais c’est aussi notre propos, à travers ce site, d’élargir le cercle des « happy fews » ayant la chance de croiser la route de ces femmes dont les créations gagnent à être connues – publicité que les canaux habituels ne leur assure pas.

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