[club] Mme d’Epinay – Quelle vocation littéraire ?

Elisabeth Badinter indique, dans sa préface, que Louise d’Epinay a commencé à écrire sur l’injonction de son amant, Grimm. Est-ce à dire qu’elle n’ait pas éprouvé de vocation littéraire par elle-même ? Ou bien que son envie d’écrire avait besoin d’être soutenue par les encouragements d’un tiers ?
L’Histoire de Madame de Montbrillant est une autobiographie déguisée. Badinter y voit même une justification de la vie de Mme d’Epinay avant sa rencontre avec Grimm, rédigée à l’attention de celui-ci. Là encore, c’est un tiers (et le même tiers) qui motive l’écriture. L’entreprise littéraire de Mme d’Epinay serait-elle donc dépourvue d’autonomie ?
J’indiquerai des pistes de réponses à cette question au moment d’examiner l’originalité de son œuvre.

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2 réponses à [club] Mme d’Epinay – Quelle vocation littéraire ?

  1. daisy dit :

    Je pense que cette question rejoint une question centrale de notre bookclub.

    Mme d’Epinay pense qu’une carrière littéraire est au-delà de ses possibilités. Elle n’a aucune prétention de ce côté. en tant que femme, elle ne se voit pas faire ce que Diderot ou Grimm ou Rousseau font. Voir mon post “Chacun chez soi”.

    Je pense que c’est aussi pour cela qu’elle choisit le roman et l’épistolaire, genres alors mineurs et autorisés aux femmes. C’est un point que l’on a déjà abordé lors de nos discussions sur le siècle précédent (Mme de Sévigné, Mme de Lafayette, Mlle de Scudéry ont été contraintes dans leurs choix d’écriture par leur condition de femmes)

  2. admin dit :

    Le roman épistolaire était un sous-genre que les femmes pratiquaient, en effet ; mais, paradoxe de l’histoire littéraire, les titres passés à la postérité sont l’oeuvre d’hommes (Guilleragues, Rousseau, Choderlos de Laclos, Crébillon avec Les Lettres de la Marquise, Richardson en Angleterre)! Les auteures de roman épistolaire comme Mme de Grafigny, Mme Riccoboni ou la présidente Ferrand ont été oubliées. Et que dire de Mme d’Epinay, connue d’abord pour avoir été amie avec Rousseau, Diderot et Grimm… Comme si les oeuvres des femmes étaient considérées commme des oeuvres mineures appartenant à des sous-genres eux-mêmes mineurs.

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