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[club] La Belle dame sans mercy – La femme fatale

Dans La Belle dame sans mercy apparaît le type de la femme fatale, qui refuse celui qui l’aime et le fait souffrir sans compatir à sa douleur ou chercher à l’apaiser. D’autres femmes s’inscrivent dans ce type, mais plutôt au XIXe siècle : ainsi du personnage féminin dans La femme et le pantin de Pierre Louÿs, de Carmen dans la nouvelle de Mérimée, de Nana dans le roman de Zola…

La différence entre la Belle dame et les héroïnes du XIXe siècle est que ces dernières séduisent par leur beauté et se jouent des sentiments masculins pour en tirer bénéfice. La Belle dame sans mercy, au contraire, ne demande qu’à être tranquille. Mais de ses répliques n’est pas toujours absente une certaine ambiguïté : “Les yeux sont faits pour regarder”…

Auteur

elodie.pinel@gmail.com

Commentaires

daisy
9 juillet 2013 à 19 h 44 min

Je ne pense pas en effet que cette dame soit une femme fatale.

Ton post cependant m’interpelle et me fait penser qu’il y a une attitude sexiste très courante qui consiste à mépriser, critiquer, haïr les femmes qui repoussent leur soupirant. Comme si on devait aimer ceux qui nous aiment…

Or je pense que la “mercy” n’a pas sa place en amour. C’est être malhonnête et cruel(le) que d’accepter l’amour de quelqu’un sans retour pour lui faire plaisir ou pour en user.

C’est donc un regard machiste qui considère cette dame comme sans mercy, cruelle, froide…



admin
12 juillet 2013 à 21 h 54 min

En cela le discours courtois est cruel car il est basé sur la notion de don d’amour et de récompense due à ce don… C’est ce que montre une des lectures qu’autorise ce texte.



admin
12 juillet 2013 à 22 h 10 min

Par ailleurs, la récriture de La Belle dame sans mercy par Keats rattache le personnage féminin imaginé par Alain Chartier au type de la femme fatale telle que se la représente le XIXe siècle. En témoignent les illustrations de ce thème par les pré-raphaélites, qui s’inscrivent dans la lignée de Keats ne faisant de la Belle dame la fille d’une fée qui ensorcelle un chevalier pour son malheur. Si on regarde l’illustration en frontispice de l’édition de la Renaissance, les deux personnages sont à égalité et en situation de débat : aucun n’ensorcelle l’autre !



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