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[club] Edith Wharton – The Age of Innocence : L’éducation au masque

On voit au chapitre 6 le héros poser les conditions du bon mariage : Newland envisage d’abord son mariage en espérant y trouver une camaraderie entre lui et son épouse, qui implique que May ait une certaine liberté de pensée « which she has been carefully trained not to possess » (p. 41) : cela marque assez les restrictions opposées aux velléités d’indépendance des jeunes femmes. Celles-ci sont élevées de manière à présenter une certaine innocence, ingénuité, douceur, qui sont considérées comme les vertus féminines par excellence. Or Newland comprend, face à la liberté dont fait preuve Ellen Ollenska, que l’innocence de sa future femme est factice : « all this frankness and innocence were only an artificial product. Untrained human nature was not frank and innocent ; it was full of the twists ans defences of an instinctive guile. And he felt himself oppressed by this creation of factitious purity, so cunningly manufactured by a conspiracy of mothers and aunts and grandmothers to be what he wanted, what he had a right to, in order that he might exercise his lordly pleasure in smashing it like an image of snow » (p. 43). On sent dans cette phrase l’idée de la suprématie masculine que la société toute entière accepte et sert, donc conforte et encourage. L’emblème de la féminité devient alors celle de la geisha, créature artificielle, personnage que la femme incarne pour répondre aux désirs les plus raffinés de l’homme – mais qui masque sa véritable personnalité et la prive ainsi du droit d’être une conscience, un sujet.

Auteur

elodie.pinel@gmail.com

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