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[club] Quinze joies du mariage – Féministe ou misogyne ?

Les Quinze joies présentent des femmes vénales, manipulatrices, infidèles et fainéantes. Leurs maris au contraire sont droits, honnêtes et travailleurs et se font duper en permanence.

D’après la préface, la critique des femmes n’est que le premier degré de lecture. Monique Santucci citée p.823 : ” (…) derrière un antiféminisme de façade, l’auteur s’en prend à la société; l’antiféminisme est un paravent qui masque ses audaces.” Dans ce cas, notre précédente lecture, La farce du cuvier, serait aussi un écrit féministe déguisé.

Je ne suis pas convaincue.

Je ne sais pas ce que l’auteur au Moyen Age pensait, mais aujourd’hui je doute que l’effet satirique passe…

Certes l’auteur fournit une critique du mariage, mais je pense que ce type de texte contribue à créer des stéréotypes négatifs pour les femmes… La critique à mon avis est trop subtile… Je ne sais pas…. Le problème, je pense, c’est que le texte ne charge que les femmes… Ce serait différent si le mari avait parfois le mauvais rôle, on pourrait dire que l’auteur veut se moquer de l’institution du mariage…

Quand le texte présente une femme fainéante qui ne fait rien à la maison, discute avec ses copines et s’amuse avec son amant, obligeant le mari à s’occuper des enfants et de la maison, il peut nous apparaître satirique dans la mesure où nous savons que c’est irréaliste… Mais combien de gens le savent ? J’ai l’impression, encore une fois aujourd’hui, que l’idée la plus répandue c’est qu’il est facile d’être mère au foyer, que ces femmes ont peu à faire… Dans ce cas, un texte comme le Cuvier ou les Quinze joies renforcent le préjugé.

Auteur

elodie.pinel@gmail.com

Commentaires

admin
9 juin 2013 à 8 h 26 min

Je me suis moi aussi arrêtée sur cette phrase de Monique Santucci et ne l’ai pas vraiment comprise. Pour s’en prendre à la société, il y a plus facile, et surtout plus clair, que de faire semblant d’être antiféministe si on ne l’est pas !
Je te rejoins sur la difficulté méconnu du métier de mère au foyer… Avec les Quinze joies du mariage, c’est comme si on avait le premier témoignage de ce malentendu. C’est pour ça que la première partie de la Farce du cuvier m’avait fait tellement rire : parce que le mari se plaint de devoir faire le boulot que sa femme devrait faire tous les jours… sans se plaindre !



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