Archives mensuelles : août 2019

[club] Alice B Toklas – Toklas sans Stein

Toklas a survécu plus de vingt ans à Stein. Elle est devenue auteure (peut-être par nécessité ayant été dépossédée de son héritage par la famille de Stein) et a écrit sa véritable autobiographie en 1963 : What is remembered. Celle-ci se termine à la mort de Gertrude Stein : Toklas veut qu’on se souvienne de sa vie avec Stein seulement. Elle revendique le titre de compagne de Stein.
Dans les deux autobiographies, une inégalité apparaît. Gertrude a certes bénéficié de l’aide et du soutien de Toklas mais elle aurait été un génie sans elle (sans doute aurait-elle eu une autre compagne) mais Toklas n’existe pas sans Stein.
Depuis 2004, son nom a été donné à une récompense dans la littérature lesbienne. Toklas n’avait peut-être pas l’impression d’exister sans Stein, mais elle existait cependant. Stein le reconnaissait dans The Autobiography of Alice B. Toklas.

[club] Alice B Toklas – Être la femme d’un génie

Dans l’ouvrage, Gertrude Stein, reconnaît les rôles de sa compagne. Ils sont résumés à la fin du livre : « housekeeper », « gardener », « needlewoman », « secretary », « editor », « vet for dogs ». Elle témoigne tout au long de l’ouvrage qu’elle est consciente du rôle qu’elle joue dans sa vie et qu’elle catégorise comme celui de « femme de génie » (« The geniuses came and talked to Gertrude Stein and the wives sat with me »). C’est un rôle polyvalent et c’est aussi un rôle ancré dans le quotidien et la logistique. On voit ainsi qu’Alice B. Toklas décharge Gertrude Stein des soucis du quotidien : démarches administratives (« I must write letters to everybody for Gertrude Stein », « Mademoiselle Stein has no patience she will not go into offices »), cuisine, correction d’épreuves, recherche d’éditeurs…

[club] Alice B. Toklas – Respect et reconnaissance

The Autobiography of Alice B. Toklas est une autobiographie particulière car 1) elle parle plus de Gertrude Stein que d’Alice B. Toklas et 2) elle a été écrite par Gertrude Stein. Il s’agit donc de la vraie autobiographie de Stein et de la fausse autobiographie de Toklas. Cependant le procédé nous montre que Stein pensait que le meilleur témoin de sa vie était sa compagne. C’est une marque de confiance et de reconnaissance : à plusieurs reprises dans l’ouvrage, Alice commente une action d’un personnage en disant qu’il en ignorait le sens pour Stein (« I do not believe even she realises how much his visit meant to her »). Cela signifie que seule Toklas connaît la Gertrude Stein intime, privée. Elle apparaît aussi comme la plus grande experte de son œuvre. En outre cet ouvrage est un moyen de ne pas laisser dans l’ombre ni leur relation ni le rôle important de Toklas dans la vie de Stein (cuisinière, secrétaire, éditeur, agent…).