Archives mensuelles : mars 2018

[club] Agnès Varda – Indépendance artistique

Agnès Varda n’est pas présentée comme la compagne de Jacques Demy. Elle a une carrière indépendante, propre, tout en étant la compagne d’un artiste tout autant célèbre. Elle lui consacre d’ailleurs une trilogie après sa mort, preuve d’un grand amour.
Et pourtant elle continue d’être Agnes Varda. On pourrait presque voir une inversion des rôles. Etant le sujet de son œuvre, c’est le compagnon qui devient la muse…

J’aimerais savoir à quoi cela tient…
Est-ce que les temps ont changé depuis Camille Claudel? Si on pense aux scandales récents dans l’univers du cinéma difficile de dire oui.
Est-ce que cela tient d’un manque d’info? Peut-être qu’Agnes Varda a lutté pour s’imposer et que je manque simplement d’info.
Est-ce que cela tient à la personnalité exceptionnelle d’Agnès Varda ? Elle est très indépendante dans son art. Elle refuse les étiquettes (comme celle de la Nouvelle Vague), elle n’a pas peur de faire des films qui ne se vendent pas. Je la cite ici dans une interview donnée en 1986 dans 24 images, numéro 27 : « Je ne suis pas attachée et personne ne m’attachera. Mais je prends le risque de faire des films qui ne marchent pas. Alors qu’ils veulent presque tous gagner de l’argent à chaque film et faire carrière ».

Je pense qu’il y a un peu de tout, les temps ont un peu changé: elle a aussi subi de la discrimination et elle a une personnalité extraordinaire. Sa force est, nous l’avons vu dans le post précédent, son indépendance.

[club] Varda – Auteur au féminin

Dans l’ouvrage au programme de ce mois, c’est Bernard Bastide qui traite directement de la question de l’identité féminine de Varda dans son article “Agnès Varda, une auteure au féminin singulier (1954-1962)”.

Être une femme est en effet une exception dans la bande de la Nouvelle Vague, comme elle le dit elle-même : “« J’étais là comme par anomalie, me sentant petite, ignorante, et seule fille parmi les garçons des Cahiers“. Peut-être est-ce par son refus de voir dans sa féminité un problème et en se focalisant sur l’objectif  d’être un auteur libre, et pas un auteur femme.

[club] Varda – Artiste dans tous les sens

Agnès Varda est présentée dans cet ouvrage universitaire comme une artiste dans tous les sens du terme (photo, cinéma, dans une certaine mesure interprétation, mais aussi arts plastiques), et qui explore aussi plusieurs directions. Au niveau des sujets, elle s’intéresse autant à son époque (cf la première partie de l’ouvrage) qu’à se saisir elle-même comme individu (cf la 4e partie de l’ouvrage ; en guise d’exemple, je pense d’abord à ses installations ou à certains de ses films, les plus récents, comme Les plages d’Agnès ou Visages, villages), ou encore à faire le portrait de Jacques Demy (Jacquot de Nantes, son travail d’édition des DVD des films de Jacques Demy avec sa boîte de production Tamaris).

Nous sommes donc devant un cas d’artiste plurielle, qui ne se cantonne pas à un art mais passe outre les frontières et navigue d’une pratique artistique à une autre, en y rencontrant toujours la reconnaissance et en se situant à chaque fois du côté de la création. C’est un cas particulièrement intéressant, à ce titre, de création au féminin.