Franz, homme instruit, ne croit pas aux fantômes au contraire des femmes et des villageois. Il pense donc que Stilla est devenue folle.

Dans les romans de Jules Verne, la folie et le surnaturel se cotoie souvent. La folie est en effet une manière rationnelle d’expliquer ce qui paraît surnaturel. On pense en particulier à Ellen Hodges dans Une ville flottante et à Laurence Munro dans La maison à vapeur.

Le rapprochement entre fantôme et folie est intéressant à mon avis car dans l’histoire accuser les femmes d’être folles était un moyen de les écarter, de les faire taire (de les « ghoster » dans le langage des réseaux sociaux). On pense ici à Camille Claudel ou à Virginia Woolf, mais il y en a eu d’autres moins célèbres.On peut aussi citer la religieuse de Diderot.
Une autre piste se dessine ici : les femmes fantômes sont des femmes enfermées, muselées.


Comments

1 réaction

  1. admin le 19 janvier 2020 à 17 h 11 min

    C’est aussi la caractéristique du genre fantastique : tout part d’une situation banale, ordinaire, quand quelque chose survient que l’on ne sait expliquer de manière rationnelle (par la folie) ou surnaturelle. Le meilleur exemple en est sans doute la nouvelle de Maupassant, « Le Horla ». Alors que Jules Verne est associé à l’invention de la science-fiction, on voit qu’il mêle à ce nouveau genre populaire le registre, apparu en Angleterre avec les nouvelles de Poe ou de Lovecraft, du fantastique. Par les motifs du château et l’ambiance inquiétante, il emprunte également aux romans gothiques anglais, comme ceux de Lewis avec Le Moine. Derrière un simple roman se cache toute une tradition littéraire ! Et en effet, le lien réel entre réclusion, folie et invisibilité sociale est très pertinent. On pourrait même en faire une lecture psychanalytique…

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