Sophie Tolstoï est mère de 13 enfants. Personne ne s’étonne lorsqu’elle écrit qu’elle n’avait pas le temps d’écrire car elle était absorbée par leur soin et leur éducation. « Les enfants encore et encore, finirent par tuer en moi tous les talents » (Ma vie, Sofia Tolstoï, éditions des Syrtes, p. 93) ; « J’étais totalement absorbée par les aspects pratiques de l’existence, Lev Nikolaïevitch, au contraire, par la vie intellectuelle et spirituelle » (Ma vie, p. 616). Mais ces aspects pratiques ou « soucis quotidiens de la vie » (Ma vie,  p.65) ne désignent pas seulement ses obligations maternelles. Le temps qu’elle ne consacre pas à ses enfants, Sophie le consacre à son mari : recopier et corriger ses œuvres, organiser les éditions… Elle s’est donc sacrifiée pour décharger son époux de tous les soucis matériels pour qu’il puisse se consacrer à l’art et à la pensée.

Face à ce constat, il me semble que les sentiments de Sophie Tolstoï sont ambivalents : amertume et frustration d’un côté, fierté et joie de l’autre.


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