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[club] Woolf/Colette – Femme artiste opposée à l’ange du foyer

maxernstLe personnage de Lily dans To the lighthouse nous offre à mon avis la parfaite transition avec notre prochain thème.

C’est une femme peintre.

Elle se revendique artiste, célibataire. Elle ne veut pas se sacrifier pour un foyer. Elle refuse d’être considérée comme une malheureuse : elle a choisi de ne pas avoir de foyer.

Elle veut se consacrer à son art.

En 1931, Woolf écrit « “Killing the Angel in the House was part of the occupation of a woman writer.”

Il n’est pas possible d’être les deux : il faut choisir ou Lily ou Madame Ramsay, mais une femme ne peut pas être les deux.

Ce choix est-il toujours vrai aujourd’hui?

Une réponse sur « [club] Woolf/Colette – Femme artiste opposée à l’ange du foyer »

Pour Woolf l’alternative entre artiste et ange du foyer était vécue comme exclusive : soit l’un, soit l’autre. Mais on trouve dans l’histoire de la création des femmes ayant été l’une et l’autre : même si George Sand n’eut pas une vie conventionnelle, elle fut quand même mère et écrivain ; Clara Schumann fut mère, épouse, compositrice et interprète ; de même pour Vigée-Lebrun, mère et peintre. La question se pose de manière symbolique dès l’Evangile de Luc et l’interprétation qui en est faite dans les textes spirituels et les sermons du Moyen Age : Marie, qui accueille le Christ chez elle, et sa soeur Marthe, représentent pour l’une la vie contemplative et pour l’autre la vie active. Peut-on accéder à Dieu en étant les deux ? Les béguines pensaient que oui ; Rutebeuf se moquaient de leur idéal en leur reprochant de vouloir être tantôt Marthe, tantôt Marie (Le dit des béguines). Si on transpose la question de la quête de Dieu à la quête de l’absolu artistique, on trouve notre alternative. Et j’opterais pour la même solution que les béguines : mais cela, nous le verrons en détail dès le mois prochain !

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