La description de Nélida au couvent me fait penser à celle d’Emma Bovary. « Bientôt elle s’absorba dans ses lectures au point de prendre en dégoût mortel les études de la classe et le caquet des pensionnaires » p. 51.
Mais Nélida est plus forte qu’Emma (il ne s’agit pas bien sûr de dire que le style de Marie d’Agoult surpasse celui de Flaubert) et elle dépasse son bovarysme. Si sa relation avec Guermann commence comme les amours d’Emma (« jamais leurs entretiens ne se rapportaient à la vie réelle » p. 124), elle parvient à voir le vrai visage de son amant et à avancer. Ainsi dans Nélida ce sont les hommes qui meurent (le mari, Guermann) et les femmes qui demeurent et résistent (Nélida, Mère Sainte-Elizabeth).


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1 réaction

  1. admin le 16 mars 2019 à 13 h 47 min

    C’est intéressant parce que cela montre peut-être ce en quoi il n’est pas pareil d’écrire sur la condition féminine quand on est une femme et quand on est un homme. Les femmes auteurs dépeignent rarement leurs héroïnes en victime, bien au contraire. Même si Flaubert a toujours tendance à présenter des anti-héros (Frédéric Moreau n’est pas mal non plus), et que ce trait est peut-être plutôt dû à son penchant pour ces contre-modèles qu’à un véritable penchant masculin à diminuer les femmes, j’observe quand même que des personnages comme Nana, Gervaise chez Zola ou Manon Lescaut chez l’abbé Prévost, pour ne citer qu’eux, sont dépeintes comme ballotées par le destin et les décisions des hommes. Cela recouvre sans doute une réalité de ces siècles mais on peut s’étonner que la parole féminine à ce sujet soit divergente… Le sexe faible est une construction masculine de l’identité féminine

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