Nélida a été critiqué à sa sortie car on reprochait à Marie d’Agoult de vouloir simplement se venger de la trahison de Lizt en faisant un portrait peu flatteur.
Il me semble que cette critique est injuste car aujourd’hui, quand le fait « people » est oublié, ce roman demeure agréable et intéressant. Marie d’Agoult a utilisé l’écriture pour guérir de son chagrin, cas classique de sublimation, et elle a ainsi pu progresser vers sa vocation d’écrivaine. De même Nélida ne reste pas figée dans la passion de sa jeunesse et parvient à se remettre de sa rupture avec Guermann.
On peut remarquer que beaucoup d’auteurs masculins ont eu la même démarche, écrire après une déception amoureuse, sublimer, mais n’ont pas été accusés d’être revanchards. Au contraire, on les a traités d’artiste. Je pense que Marie d’Agoult mérite le même titre.


Comments

1 réaction

  1. admin le 16 mars 2019 à 13 h 43 min

    On a dit la même chose de George Sand à propos de son roman Lucrezia Floriani : elle s’y serait dépeint face à Chopin, en réservant le mauvais rôle à Chopin. Le personnage du prince Karol (prénom polonais) y est en effet souffreteux (comme Chopin) et irascible, quand le personnage de Lucrezia est grandiose et généreux.
    A noter que George Sand et Marie d’Agoult étaient amies et les deux couples se fréquentaient et que, pour rebondir sur ta remarque, George Sand s’était défendue en disant qu’elle s’inspirait toujours de la réalité mais en abstrayant des individus réels des traits de caractère qu’elle exagérait et mélangeait à d’autres dans ses personnages de fictions. Elle récusait le reproche d’avoir écrit un roman à clé.
    En effet, on ne reproche pas à Musset (pour rester dans le même réseau…) d’avoir composé Les Confessions d’un enfant du siècle…

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