Clara Schumann se distingue par son talent, sa précocité, son intelligence, sa force morale… mais aussi par son éducation. Son père y a en effet pris une part active, concentrant toute son énergie sur la promotion sociale et musicale de sa fille.

Il y a à ma connaissance peu de cas similaires dans l’histoire de la musique, lorsque le musicien est une fille s’entend. En ce sens, Clara Schumann a bénéficié d’une éducation qui aurait pu être réservée à un garçon à son époque.  On lit d’ailleurs dans l’ouvrage de Brigitte François-Sappey que la manière dont Fanny Mendelssohn était considérée par son frère Félix diffère grandement de celle dont Clara l’était par son père ou par Robert Schumann : on empêchait Fanny de publier ses compositions sous son nom, on y autorisait et même incitait Clara. Il me semble que cet élément est important pour comprendre la singularité du destin de Clara Schumann et une des possibles sources de sa capacité à s’affirmer et à s’assumer comme artiste.


Comments

2 réactions

  1. Daisy le 19 octobre 2018 à 17 h 34 min

    Nous pouvons penser aussi à la soeur de Mozart…

    Ce n’est pas la première fois que nous rencontrons un père à l’origine d’une vocation artistique (Artemisia Gentileschi, Elisabeth Vigée Le Brun).

  2. admin le 20 octobre 2018 à 11 h 35 min

    Les vocations d’Artemisia Gentileschi et d’Elisabeth Vigée-Lebrun sont en effet inspirés par leur père ; dans le cas de Clara Schumann, il m’a semblé que le père a été, encore plus qu’un inspirateur, un véritable Pygmalion qui a cherché à modeler sa fille en l’artiste reconnue et célébrée qu’il voulait qu’elle soit.
    La personnalité de ce père est d’ailleurs très problématique. Sa possessivité (même par rapport à la mère de Clara!) et le fait que Clara ait dû couper les ponts avec lui pour épouser Robert Schumann est éloquent à ce titre.

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