Si Clara est aujourd’hui connue sous le nom de Schumann, elle l’était déjà sous son nom de jeune fille, Wieck. Son père l’a en effet soutenue (et même poussée, voire coachée, pour utiliser un terme contemporain) à se produire devant les publics de toutes les grandes capitales européennes, quand ce n’est pas devant les familles régnantes (Reine d’Angleterre). Reconnue dans le cercle des musiciens de son temps, ce n’est pas sa rencontre avec Robert Schumann qui fait d’elle un personnage remarquable : c’est sa réputation qui attire Robert Schumann, et sa personnalité qui l’éblouit.
De même, Clara survivra 40 ans à Robert Schumann tout en continuant à mener sa carrière d’interprète ; sa relation avec Brahms aurait pu en faire une autre « femme de » : il n’en a rien été, puisque c’est bien plutôt lui qui se mit au service de cette femme, peut-être un peu à la mode des troubadours du Moyen Âge.


Comments

2 réactions

  1. Daisy le 19 octobre 2018 à 17 h 24 min

    Il est tout de même intéressant de se demander si Clara aurait eu une carrière encore plus grandiose si elle n’avait pas eu autant d’enfants et un mari malade.

    Sa carrière d’interprète n’est pas touchée par le mariage car elle rapporte des revenus. Sa carrière de compositrice par contre en souffre.

  2. admin le 20 octobre 2018 à 11 h 33 min

    Cela me semble un axe intéressant pour notre réflexion de cette année, et pour prolonger celle de l’année dernière : la création demande une « chambre à soi » pour reprendre Woolf, au sens propre et au sens figuré, soit un espace mais aussi un temps et une disponibilité d’esprit. Elle demande aussi, pour être possible, d’être rémunératrice – ou exige qu’on n’ait pas besoin d’elle pour avoir un niveau de vie correct. Cela fait beaucoup de conditions, qui toutes ne sont effectivement pas réunies pour les femmes, quelle que soit l’époque et le milieu social.

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