Le terme « poésie » revient souvent sous la plume de Thierry Delcourt : c’est en effet un terme-clé qui permet de comprendre les multiples facettes de Carolyn Carlson, initialement danseuse et chorégraphe mais aussi auteur et calligraphe, entre autres. Dans tous les cas, son activité est placée sous le signe de la poésie, visuelle dans ses créations chorégraphiques, littéraire pour ce qui est des écrits, la calligraphie incarnant les idées par des signes immobiles comme les corps l’incarne par leurs mouvements.

Cette dimension d' »artiste totale » m’évoque Isadora Duncan ; peut-être aussi le côté « affranchissement des codes », même si cette caractéristique peut être le signe un peu facile du génie artistique et qu’on risque le raisonnement circulaire : la plupart des créateurs (et créatrices) vont partager cette composante puisque c’est le critère qui a été appliqué pour les définir comme artistes de génie… Par-delà cette petite nuance à l’égard du caractère nécessairement génial de l’originalité, on peut tout de même se demander si l’émancipation des règles n’est pas ce qui définit le mieux l’accès à la création pour une femme, pour qui la règle est de faire autre chose que créer.


Comments

2 réactions

  1. daisy le 19 septembre 2017 à 19 h 17 min

    La danse comme tous les arts de la performance se nourrissent facilement des arts « permanents » (poésie, musique, sculptures…).

    De plus le processus de création se ressemble entre la danse et la poésie, et aussi dans les autres arts, d’où une tendance aux rapprochements.

  2. admin le 20 septembre 2017 à 16 h 23 min

    J’ai l’impression qu’on rapproche plus souvent la danse de la poésie que la poésie de la danse. Souvent on compare la poésie à la musique, et la sculpture à la danse, comme s’il y avait des sens de circulation entre ces disciplines…

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